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Dictées quotidiennes à l’école

Dictées quotidiennes - HattemerA l’heure de la communication instantanée et abrégée (textos, courriels…), les « Lettres de mon moulin » sont bien loin derrière nous. Mais un écrit « raccourci » ne signifie pas avec fautes admises ! La maîtrise des disciplines fondamentales que sont le français et les mathématiques doit rester un objectif à atteindre en fin de primaire. Depuis 1885, dictées et calcul mental font ainsi partie des exercices quotidiens dans nos programmes scolaires afin de maintenir un niveau d’excellence. Dans cette optique, nous vous proposons quelques conseils pour que vos enfants réussissent les dictées et prennent ainsi plaisir dans l’apprentissage de notre belle langue française.

 Une dictée tous les jours, pourquoi ?

Parce que c’est un exercice complet qui développe et mobilise plusieurs facultés :

  • faculté de mémorisation pour retenir mots, tournures et expressions …
  • faculté d’analyse pour savoir comment accorder adjectifs, verbes, pronoms …
  • faculté d’attention ;
  • faculté de raisonnement ;
  • faculté de compréhension.

Grâce à cet exercice quotidien, l’élève enrichit son champ lexical, améliore sa capacité d’expression écrite mais aussi orale, découvre divers styles littéraires et cultive une vivacité d’esprit.

Une dictée tous les jours, comment ?

Dictées de mots puis de phrases et enfin de textes plus longs, la préparation doit rester aussi rigoureuse que possible.

Quelques conseils :

  • Faire recopier plusieurs fois les mots difficiles en décomposant / épelant chaque syllabe. Si l’enfant a bénéficié de la méthode syllabique, comme nos élèves, il écrira avec facilité ;
  • Faire une analyse des mots. Ainsi, savoir reconnaître la nature et la fonction des mots va aider incontestablement l’élève à écrire avec la plus grande exactitude ;
  • Dictée - HattemerLors de la dictée, l’élève doit savoir être attentif puis savoir se relire. Il s’agit de deux étapes essentielles pour un texte écrit sans faute.

La concentration de l’élève est importante mais le rôle de l’adulte (enseignant ou parent) l’est tout autant pour que le travail soit efficace et productif. Pour vous aider dans cette mission, nous vous invitons à (re-) découvrir la « Fiche conseils dictées » que nous avions publiée il y a quelque temps.

Que faire pour progresser en français ?

  • Lire beaucoup et notamment de bons livres d’auteurs comme ce que nous proposons à nos élèves : à chaque âge, un auteur ! Lecture à voix haute et à voix basse sont deux exercices à alterner pour vérifier si l’élève a bien compris le texte. Une lecture fluide et respectueuse de la ponctuation est gage de bonne compréhension du texte et du plaisir partagé.
  • Ecrire beaucoup : rédaction d’un résumé, d’un récit plus personnel (raconter ses vacances, son dernier fou rire, décrire son héros préféré…)
  •  S’entraîner avec de bons supports pédagogiques : Hattemer propose ainsi une collection de manuels qui donnent des repères et de la méthode pour progresser :
    • Lecture immédiate (dès la 12ème)
    • Mes premières dictées (de la 12 à la 7ème)
    • Conjuguer un plaisir (dès la 10ème)
    • Sachons analyser (8ème)

C’est véritablement par la pratique des dictées que les enfants prennent plaisir à éviter « tous les pièges » de la langue française ! A cette occasion, nous renouvelons nos félicitations aux 7 élèves de primaire qui se sont illustrés parmi les 500 meilleurs du concours « Les Timbrés de l’orthographe » (sur 30 000 candidats).

Comment le petit Français apprend à écrireLe dernier conseil que nous vous invitons à suivre est certainement la lecture de l’ouvrage « Comment le  petit Français apprend à écrire » de Rollo Walter Brown, traduit par Sébastien-Akira Alix. L’étude, portant sur la comparaison des systèmes éducatifs américain et français, montre toute l’importance de garder un enseignement exigeant et structuré, comme le nôtre.

Voici un extrait du livre très instructif sur les vertus pédagogiques de la pratique régulière de la dictée :

« Les enseignants français insistent généralement sur quatre ou cinq avantages spécifiques à la dictée : elle permet à l’élève de beaucoup s’exercer au maniement de la phrase ; elle dirige son attention sur les constructions grammaticales ; elle l’aide à apprendre à orthographier, à ponctuer et à mettre en majuscules ; elle enrichit son vocabulaire, lui donne l’opportunité de s’exercer à utiliser les mots qu’il connaît déjà et elle loge dans son esprit des discours bien construits. À ces avantages, il faut en ajouter un autre, que le maître réfléchi doit considérer comme le plus important de tous, à savoir que la dictée empêche l’élève de séparer la langue orale de la langue écrite. […]Si donc, avant qu’il ne commence la composition et, plus tard, lorsqu’il s’y exerce d’une manière élémentaire, il a contracté l’habitude d’écrire ce qu’il entend, il a de grandes chances de percevoir la relation qui existe entre le discours oral et l’écrit […].

Le maître fait preuve d’un grand soin quand il donne les dictées. Après les classes enfantines, dans lesquelles le travail doit nécessairement être simple, il ne dicte pas aux élèves de phrases isolées ou détachées de tout contexte mais, au contraire, un paragraphe entier et intéressant. De plus, il explique toujours le paragraphe en entier avant de demander aux élèves de l’écrire. Cette précaution est tellement importante qu’un enseignant a l’interdiction de demander à un élève de copier quoi que ce soit qu’il ne comprend pas ou dont le sens lui paraît vague. Par ailleurs, il lit un paragraphe dont le contenu est conçu pour attirer l’attention de l’élève, c’est-à-dire que les idées et les mots qui s’y trouvent doivent être à sa portée. Enfin, le maître s’efforce d’éviter que l’exercice ne devienne monotone. Ce dernier n’est jamais long – généralement il s’agit d’un paragraphe court et clair – ; les corrections sont faites immédiatement, quand l’intérêt de l’élève est encore vif, et il ne lui est jamais demandé de réécrire la dictée à moins qu’il n’ait été excessivement négligent […].

Le passage suivant tiré de Daudet est un exemple de dictée donnée à des garçons de neuf ans. Peut-être faudrait-il préciser au passage que les histoires courtes de Daudet occupent une place importante dans un grand nombre d’exercices en langue maternelle. Dans cet exemple, le maître a commencé par lire le passage, en a expliqué certains mots, et l’a ensuite dicté phrase par phrase. Ensuite, plusieurs garçons ont lu ce qu’ils avaient écrit, un garçon a épelé tous les mots les plus difficiles, puis tous ont souligné certains mots qui seraient étudiés le lendemain dans la leçon de grammaire. Le passage était le suivant :

Ah ! Qu’elle était jolie, la petite chèvre de M. Seguin ! Qu’elle était jolie, avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande ! (…) M. Seguin avait, derrière sa maison, un clos entouré d’aubépines. C’est là qu’il mit sa nouvelle pensionnaire. Il l’attacha à un pieu, au plus bel endroit du pré, en ayant soin de lui laisser beaucoup de corde, et, de temps en temps, il venait voir si elle était bien. La chèvre se trouvait très heureuse, et broutait l’herbe de si bon cœur que M. Seguin était ravi.

Le petit Français âgé de dix ou douze ans a développé une ouïe fine et une écriture rapide à tel point qu’il peut noter une dictée de ce genre avec une exactitude surprenante.

Cet avantage acquis par le petit Français s’entend aussi bien de sa capacité à orthographier. Sachant que c’est principalement en faisant des dictées qu’il apprend à orthographier […]… les élèves écrivent les mots sous la dictée dans un contexte normal et, lorsqu’ils ont terminé d’écrire, ils reprennent le paragraphe en entier et épellent les mots qui présentent le plus de difficultés. L’élève ne peut donc pas considérer l’orthographe comme un exercice inutile puisqu’elle n’est jamais séparée de ses travaux de lecture et d’écriture […].

La ponctuation, l’ordre et la signification des mots, les relations entre les phrases, le mouvement et l’équilibre du beau discours écrit ainsi que la relation étroite entre la langue orale et la langue écrite sont gravés dans l’esprit de l’élève. Ainsi, lorsqu’il fait des dictées, il s’imprègne si profondément de ces rudiments essentiels que la connaissance qu’il en a passe du stade de simple connaissance à celui d’habitude, au point d’être une « seconde nature » lorsqu’il est prêt à écrire ses propres compositions ».