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Pour nous, équipe pédagogique Hattemer, comme pour de nombreux enseignants, la dernière réforme des programmes de grammaire qui introduit le « prédicat » constitue une inquiétante régression. En effet, cette réforme implique que les élèves n’apprendront les notions de complément d’objet qu’en classe de 5ème, alors qu’à ce jour, cette notion est enseignée dès la classe de CE2, correspondant à la 10ème pour nos programmes.

Alors que certains se posent la question de la pertinence de cette « innovation » qui n’en est pas une, chez Hattemer nous posons une autre question : « pour qui l’Education Nationale prend-elle ses élèves de primaire ? »

image-predicatLa « révolution » du prédicat ne représente en effet à nos yeux que l’une des nombreuses manifestations du regard tantôt infantilisant tantôt méprisant de certains pédagogues d’aujourd’hui sur les élèves français du XXIe siècle.

Un regard infantilisant, si cette réforme vise à protéger les élèves des efforts raisonnables qui sont indispensables à tout apprentissage réussi et valorisant pour l’apprenant.

Comment préparer l’avenir de nos jeunes si l’on n’inculque pas très tôt un sens de l’effort qui est à la base de tous les succès ? « Protéger » nos enfants d’un effort progressif (car c’est bien de cela dont il s’agit) serait comme protéger notre corps de tous les microbes environnants pour ensuite nous jeter dans le monde réel qui fourmille de micro-organismes néfastes à notre bonne santé. Serions-nous préparés à cela ? Y survivrions-nous ?

Un regard méprisant, si ces hautes autorités pensent que nos jeunes enfants ne sont pas capables de comprendre la construction d’une phrase fondée sur trois concepts : le sujet, le verbe et son complément au point qu’il la réduise à deux concepts : le sujet et le prédicat !

Dire à des élèves qu’ils ne sont pas capables d’aborder des notions (en l’occurrence le Complément d’Objet) que tous les enfants de leur âge ont pu assimiler depuis Jules Ferry, n’est-ce pas une façon de dire à la jeunesse qu’elle est moins intelligente que la génération précédente et qu’on ne lui fait pas confiance pour surmonter la première difficulté venue ? Le progrès est-il encore possible dans ces conditions ?

Nous aurions applaudi des deux mains s’il s’était agi d’enrichir les programmes du concept philosophique central de « prédicat » si riche pour la compréhension des textes. Mais il s’agit là de la suppression de concepts grammaticaux, suppression qui sera encore préjudiciable à l’orthographe…

Un simple exemple illustre cela : comment expliquer à un élève l’accord du participe passé avec le verbe avoir s’il ne connaît pas le complément d’objet direct ?

Au sein d’Hattemer, nous assumons notre rôle pédagogique en estimant que nos élèves sont tout à fait capables d’acquérir toutes les bases de la grammaire française dès le primaire grâce à une méthode classique qui continue de faire ses preuves.

C’est parce que nous accompagnons nos élèves pas à pas dans leur progression que nous leur rendons accessible un langage écrit qui est à la base de toute réflexion structurée. Nous le faisons depuis plus de 130 ans et nous poursuivrons dans cette voie.

Anne CHOCRON
Directrice pédagogique Maternelles et Primaire
Hattemer Academy

Pour aller plus loin, nous vous conseillons l’interview du linguiste Alain Bentolila sur le sujet.