De l’importance de la Maternelle

« Le jeu, c’est le travail de l’enfant, c’est son métier, c’est sa vie. » Telle était la conception de Pauline Kergomard, déléguée générale à l’inspection des salles d’asile, ancêtres des écoles maternelles instituées en 1881. Qu’en est-il 140 ans plus tard, à l’heure des grandes réformes appelées de ses vœux par le Ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer ?

 

Il était une fois l’école maternelle…

C’est en 1881 que les salles d’asile reprennent leur nom originel d’écoles maternelles. Y sont accueillis les enfants dès leurs 2 ans et jusqu’à l’âge de 7 ans. Le 18 janvier 1887, un décret d’application vient définir, à l’instigation de Pauline Kergomard, les contours de l’enseignement dispensé dans ces classes enfantines. Au programme : des jeux, du sport, des chants, des exercices manuels, des principes d’éducation morale, et des exercices de langage doublés d’une initiation au dessin, à la lecture, à l’écriture et au calcul. Déjà assimilable à une école élémentaire, cette vision scolaire de l’école maternelle déplaît finalement à Pauline Kergomard qui insiste en 1905 sur le rôle premier de ce lieu privilégié : « être ni une garderie, ni une école élémentaire : elle doit seulement préparer et acheminer les enfants à l’école primaire. » Ouverte à tous à partir des années 1950, et non plus aux enfants de familles modestes, l’école maternelle devient progressivement le lieu de la première sociabilisation à partir de 1971. 

 

L’école maternelle pour tous, mais avec l’accord des parents

Si la France impose une instruction obligatoire de 6 à 16 ans,  l’inscription en école maternelle relève quant à elle du choix des parents qui doivent, de leur plein gré, solliciter une inscription en classe de maternelle ; démarche qu’ils sont 90 % à entreprendre dès les 3 ans de leur enfant. Une généralisation de la scolarisation précoce qui ne fait pas l’unanimité en Europe. Ainsi, l’Allemagne, la Grèce, l’Irlande, le Portugal, la Finlande, la Pologne, la Suède ou encore la République Tchèque accueillent plus généralement la majorité des enfants sur leurs bancs à partir de 6 ans. Qui a tort, qui a raison ?   

 

Aller à l’école à 3 ans, est-ce si important ?

Dès 1954, Suzanne Herbinière-Lebert, inspectrice générale de l’Instruction publique, écrit qu’il « importe de trouver les moyens d’assurer, à tous les enfants, cette éducation première dont dépend en grande partie l’avenir de l’individu. » Véritable éponge, le cerveau de l’enfant de 3 à 6 ans est capable d’une grande mémorisation : il absorbe aussi bien les comptines que les chants, les mots de vocabulaire dans toute leur diversité à raison de plus d’une centaine par année de maternelle. Un enjeu de taille pour bien anticiper l’appréhension de la lecture et la compréhension des textes.

 

« Aujourd’hui, j’ai dessiné »

Loin des crayonnages irréfléchis, l’école maternelle donne un cadre à l’enfant. Elle lui apprend à se repérer dans le temps, avec un séquençage cadencé de chaque journée, mais aussi à se positionner dans l’espace. Comment ? Par le coloriage et les aplats de couleurs réguliers, le jeu des matières et des formes. Autant d’activités lui permettant de développer sa motricité fine, fondement de l’apprentissage du graphisme et donc de l’écriture, par la formation de la main et le travail du geste.

 

« Donner à l’enfant l’appétit d’apprendre »

C’est en ces termes que s’est exprimé le Ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, début janvier 2018. Son objectif : faire de la maternelle « l’école de l’épanouissement et du langage écrit et oral » afin de permettre à l’enfant d’acquérir un vocabulaire riche pour lui donner le goût d’apprendre et de comprendre. Une mission que Hattemer Academy se donne de mener à bien dès 2 ans et demi en petite section, en installant des habitudes fondatrices pour toute la suite de la scolarité : comprendre une consigne, améliorer sa concentration, soigner son travail… Autant de règles qui permettent à l’enfant d’aboutir au tracé des premières lettres et à l’assemblage des syllabes selon la méthode syllabique, tout en développant chez lui la curiosité et l’amour de la découverte. Car, comme l’exprime Jean-Michel Blanquer, « l’école maternelle doit devenir une locomotive pour toute l’école, synonyme de bonheur et non d’angoisse. Une école de la confiance. » En classe ou en cours à distance.